mardi 24 novembre 2009

Nouveaux rites de bénédiction pour les mariages gais


Stéphane Lavignotte, pasteur à la Maison Verte de Paris,
auteur des livres «Vivre égaux et différents» & «Au delà du lesbien et du mâle»

Ces dernières années, les protestants historiques de plusieurs pays se sont ouverts sur la question de l'homosexualité, de l'accueil des personnes LGBT au sein de leurs communautés.  Certaines initiatives mènent même à des bénédictions pour marquer l'union de deux personnes de même sexe.
L'Église Unie du Canada, la plus importante église au pays après le catholicisme a commencé à amorcer sa réflexion vers l980. Depuis plus de deux décennies, l'Église en est venue à ordonner des pasteurs, hommes et femmes, gaies et lesbiennes, reconnaissant leur cheminement de foi et leur implication au sein de leur communauté et de l'Église. 
Plusieurs paroisses s'affichent «inclusive» et célèbrent des mariages pour les conjoints de même sexe, ce qui dérange à la fois le catholicisme officiel et les églises protestantes plus conservatrices, particulièrement  de la mouvance évangélique.
L'Église anglicane de son côté est déchirée sur la question de l'homosexualité. Ces dernières années, libéraux et conservateurs s'affrontent et se divisent à l'intérieur de la communion à ce sujet et sur la questions de l'ordination des femmes.
Que ce soit dans un esprit opportuniste ou dans le but exprimé de faire l'unité de l'Église à sa façon,  le pape Benoît XVI a ouvert les portes du catholicisme aux anglicans déçus de leur Église pour les accueillir dans ses rangs et qu'ils soient ainsi en pleine communion avec l'Église catholique romaine. Pas besoin de dire que ça ne fait pas plus l'unanimité chez les catholiques que chez les anglicans.
Si la question homosexuelle et le mariage gai ébranlent certains chrétiens dans leurs conceptions, d'autres tentent de s'ouvrir et font une relecture des Sainte-Écritures, éclairé par les découvertes scientifiques et  une approche théologique plus libérale.
Le 14 novembre dernier, La Maison Verte à Paris (sous la responsabilité du pasteur Stéphane Lavignotte) organisait un débat sur les unions homosexuels.  Le magasine «Têtu» en donne un compte-rendu sur son site Internet.

À la recherche de nouveaux rites pour unir les couples homos
Par Marie Billon lundi 23 novembre 2009


REPORTAGE. Une partie de l'Église protestante accueille sans arrière-pensée les homos. Elle essaie même de leur faire une place dans sa liturgie. C'est la mission d'un groupe de réflexion chargé de proposer de nouveaux rites de bénédiction à ceux qui le désirent.
Samedi 14 novembre, La Maison Verte (une fraternité protestante) organisait un après-midi de conférence/débat sur la bénédiction des couples de même sexe dans ses locaux du 18e arrondissement de Paris. Sous la présidence de son pasteur, Stéphane Lavignotte (ci-dessous), deux membres du Groupe de réflexion sur les bénédictions de couples de même sexe étaient invités à faire part de leurs travaux aux côtés de deux théologiens.
Une cinquantaine de personnes a donc assisté à une conférence théologique un peu abstraite. Les deux membres du groupe ont glosé sur les couples dans la Bible et la signification de la bénédiction dans les textes bibliques. Les auditeurs qui s'attendaient à une réflexion pratique sur le comment et le pourquoi des bénédictions ont dû être déçus.
Des rites originaux
Le «Groupe protestant de réflexion théologique sur les bénédictions pour les couples de même sexe» est composé d'une dizaine de membres: pasteurs, théologiens, membres d'Églises et adhérents d'associations LGBT. Il a été mis en place en octobre 2008 à l'initiative de membres de l'association du Carrefour de chrétiens inclusifs. Sa mission: réfléchir à une bénédiction des couples homos qui ne contredise pas l'avis du Conseil permanent luthéro-réformé de 2004. Après une consultation lancée auprès des paroisses de France, le Conseil déclarait qu'«il n'est pas opportun d'envisager un culte de bénédiction qui entretiendrait la confusion entre couple hétérosexuel et homosexuel».
«Il faut maintenant trouver la ou les formules qui respectent ça», explique Stéphane Lavignotte. D'autant plus que la Mission populaire évangélique (dont fait partie La Maison Verte) a autorisé en janvier 2009 «les gestes liturgiques d'accueil et de prière pour un projet de couple homosexuel», à condition que les paroissiens concernés y consentent et que toute confusion soit strictement évitée.
Demandes limitées
«Les demandes de bénédiction de couples homos sont réelles sans être massives», explique Stéphane Lavignotte. Il a lui-même béni deux couples de même sexe cette année. Deux hommes en janvier, deux femmes en septembre. «Nous avons utilisé des rituels spécifiques, empruntés à des traditions anciennes. Il n'y a pas eu d'échange d'alliances par exemple.»
Le groupe entend proposer des modèles de liturgies utilisant des cérémonials «qui pourraient, par exemple, être propres à chaque cas, les couples LGBT ne souhaitant pas forcément une cérémonie similaire à celle du mariage». Il se donne deux ans pour proposer un document aux paroisses. Résultats d'ici à l'été 2010 donc. «Les paroisses seront alors libres de suivre les modèles proposés, de s'en inspirer, d'en inventer d'autres ou de les refuser», conclut Stéphane Lavignotte.

Source: Têtu

lundi 23 novembre 2009

Habacuc: Persévérer dans la foi malgré nous et malgré ce qui paraît...



Dernièrement, j'ai entrepris la lecture des textes d'Habacuc. Il est un des petits prophètes dont on retrouve l'écrit dans la Tanakh (Ancien Testament ou Bible Hébraïque divisée en trois parties, La Torah (Le Pentateuque), les Nevi'im (les prophètes) et les Ketouvim (les Écrits).
Habacuc est un prophète qui aurait vécu sous le règne de Yoyaqim de Juda, vers 608-598 av. J.-C. Son Écrit raconte une période sombre dans l'histoire du peuple d'Israël qui vivait des persécutions de la part des Chaldéens ou des Babyloniens.
Souvent lorsque nous voyons le mal autour de nous, nous nous révoltons. Nous protestons contre l'injustice, pour que s'arrêtent la torture et les guerres. Plusieurs personnes gaie comme nous, travaillons à ce que la société et ses institutions soient plus ouvertes et inclusives. Nous joignons à notre actions nos prières pour que les choses changent.
Et pourtant, la torture existe toujours. L'homophobie dans certains pays du monde voue les personnes LGBT à l'emprisonnement, la torture et la peine de mort. À d'autres niveaux, certains politiciens sont de véritables dictateurs et s'en prennent à ceux et celles qui s'opposent à la violence de leur pouvoir. Des enfant et des femmes continuent à chaque jour d'être abusé/es et exploité/es, les victimes de crimes sexuels survivent tant bien que mal aux agression qu'elles ont subies. Et que dire de tous ces bandits à cravate qui ont réussi à ruiner des gens qui ont travaillé toute leur vie pour vivre une paisible retraite?
Alors pourquoi prier et pourquoi continuer à lutter contre le mal alors que Dieu semble parfois sourd à la souffrance des hommes et des femmes dans le monde?
«Jusqu'à quand, Seigneur, appellerai-je sans que tu entendes? Jusqu'à quand crierai-je vers toi «Violence!» Sans que tu te sauves? Pourquoi me fais-tu voir le mal et regardes-tu l'oppression? Ravage et violence sont devant moi, il y a des querelles, et la dispute s'élève. C'est pourquoi la loi est paralysée, et l'équité ne s'impose jamais; parce que le méchant assaille le juste, c'est pour cela que l'équité est pervertie avant de pouvoir s'imposer.» Habacuc 1, 2-4
Ne nous arrive-t-il pas de prononcer des paroles semblables à celles du prophète Habacuc lorsque nous constatons l'état du monde dans lequel nous vivons?
Habacuc continue:
«Tes yeux sont trop purs pour supporter la vue du mal, tu ne peux pas accepter d'être le spectateur du malheur. Alors, pourquoi regardes-tu sans rien dire ce que font ces gens perfides? Pourquoi gardes-tu silence quand les méchants détruisent ceux qui sont plus justes qu'eux? Pourquoi traites-tu les hommes comme les poissons de la mer et les bestioles qui n'ont pas de maître.» Habacuc 1, 12-14
Ce texte me parle beaucoup sur la difficulté d'admettre nos limites lorsque nous croyons que nos actions et notre engagement peuvent changer le monde. Il me parle aussi de la grande foi, de la fidélité d'Habacuc qui continue à croire, à s'adresser à Dieu malgré son impuissance et la douleur éprouvée devant la misère d'autrui . Habacuc persiste à parler au Seigneur même s'il n'obtient pas la réponse immédiate à ses questions. Fidélité et foi seraient-elles ici synonymes de persévérance?


Au chapitre 2, Dieu répond à Habacuc:
«Le Seigneur me répondit ainsi:
Écris ce que je te révèle, grave-le sur des tablettes de telle sorte qu'on puisse lire clairement. Le moment n'est pas encore venu pour que cette révélation se réalise mais elle se vérifiera en temps voulu. Attends avec confiance même si ça paraît long: ce que j'annonce arrivera à coup sûr et à son heure. Écris: l'homme aux intentions mauvaises dépérit, mais le juste vit par sa *fidélité.» Habacuc 2, 2-4
*Certaines traductions remplacent le mots fidélité par « Foi » (Crampon 1923/ Louis Second 1910, Bible Martin 1744, King James, Darby 1872, La Bible de l'Abbé Fillion 1855)
La Nouvelle Bible Second dit que «le juste vivra en tenant ferme»
Le mot «Fidélité» se retrouve dans la Bible de Jérusalem, la Traduction en français courant, la Bible liturgique catholique ainsi que dans la TOB.
La Bible hébraïque Sefarim dit que« le juste vivra par sa ferme loyauté»
La Bible Parole de Vie dit plutôt «Mais celui qui est fidèle à Dieu est juste et ainsi, il a la vie»
Chouraqui parle plutôt «d'adhérence».


Le verset 4 rejoint les propos de Paul dans l'Épitre aux Romains.
En effet, la Bonne Nouvelle révèle comment Dieu rend les humains justes devant lui : c'est par la foi seule, du commencement à la fin, comme l'affirme l'Écriture : « Celui qui est juste par la foi, vivra.»Romains 1,17
C'est aussi ce qui a alimenté la réflexion de Martin Luther sur le salut.
La persévérance est ce qui peut-être le plus difficile à cultiver dans nos vies et notre prière, surtout en cette époque où tout va rapidement, où la satisfaction immédiat de nos besoins prend toute la place. N'est-il pas plus facile de prendre un comprimé pour soulager un mal de tête que d'aller marcher et prendre une bonne bolée d'air frais?
Nous sommes peut-être trop pressés. Nous voulons contrôler ce sur quoi nous n'avons pas de pouvoir. Nous aimerions nous faire «Dieu» afin de transformer la race humaine en un monde idéal. C'est certes des intentions justifiables. Nous devons travailler à transformer le monde. Comme Habacuc, nous devons persévérer dans notre dialogue avec Dieu, malgré les apparences que rien n'avance, malgré ce qui nous fait croire qu'Il est absent et peu enclin à répondre à nos prières, malgré les découragements et malgré nous.
Je dis malgré nous car notre condition de pécheur, nos culpabilités, le fait que nous ne sentions pas digne de son amour inconditionnel peuvent aussi nous éloigner de notre mission, si petite soit-elle.
Plusieurs personnes donnent à Dieu un visage qu'Il n'a pas et croient qu'Il pose sur eux un regard réprobateur à cause de ce qu'elles vivent ou ce qu'elles sont. Je crois que c'est plutôt nous qui avons tendance à nous éloigner de Dieu à cause de notre condition de pécheur. Dieu est plus loyale envers nous que nous le sommes envers lui. Dieu a plus foi en l'homme que l'homme en lui.
«Car personne ne sera reconnu juste aux yeux de Dieu  pour avoir obéi en tout à la loi ; la loi permet seulement de prendre connaissance du péché. Mais maintenant, Dieu nous a montré comment il nous rend justes devant lui , et cela sans l'intervention de la loi. Les livres de la Loi et des Prophètes l'avaient déjà attesté : Dieu rend les hommes justes à ses yeux par leur foi en Jésus-Christ. Il le fait pour tous ceux qui croient au Christ, car il n'y a pas de différence entre eux : tous ont péché et sont privés de la présence glorieuse de Dieu. Mais Dieu, dans sa bonté, les rend justes à ses yeux, gratuitement, par Jésus-Christ qui les délivre du péché. Dieu l'a offert en sacrifice afin que, par sa mort, le Christ obtienne le pardon des péchés  en faveur de ceux qui croient en lui. Dieu a montré ainsi qu'il est toujours juste : il l'était autrefois quand il a patienté et laissé impunis les péchés des hommes ; il l'est dans le temps présent, puisqu'il veut à la fois être juste et rendre justes tous ceux qui croient en Jésus.» (Romains 2,22-26)
Si nous attendons de ne plus pécher et d'être parfait pour répondre à l'appel de la foi, nous risquons de passer à côté d'une chose essentielle, la grâce.
Habacuc est un exemple de persévérance dans la foi malgré le monde de son époque qui semble s'écrouler. Continuer à prier et à croire dans le chaos et par delà le chaos. Il m'enseigne à poursuivre, à demeurer fidèle dans la foi malgré l'adversité, à être là pour les autres et à prier pour eux, même si les apparences trompeuses me font croire que mon dialogue avec Dieu est parfois inutile.
Nos combats pour faire de ce monde un monde meilleur ne sont pas vains. Même si les réussites sont minimes, elles demeurent tout de même des réussites. L'essentiel est de demeurer ouvert à l'amour de Dieu et de persévérer.
Il me plaît de me rappeler ce passage de l'Évangile de Marc pour comprendre à quel point l'amour est important dans notre cheminement de foi. Se voir avec le regard de Dieu qui nous aime, l'aimer en retour et aimer notre prochain.
«Un maître de la loi les avait entendus discuter. Il vit que Jésus avait bien répondu aux Sadducéens ; il s'approcha donc de lui et lui demanda : « Quel est le plus important de tous les commandements ? » Jésus lui répondit : « Voici le commandement le plus important : «Écoute, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force  .» Et voici le second commandement : «Tu dois aimer ton prochain comme toi-même  .» Il n'y a pas d'autre commandement plus important que ces deux-là. » Le maître de la loi dit alors à Jésus : « Très bien, Maître ! Ce que tu as dit est vrai : Le Seigneur est le seul Dieu, et il n'y a pas d'autre Dieu que lui  . Chacun doit donc aimer Dieu de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force ; et il doit aimer son prochain comme lui-même. Cela vaut beaucoup mieux que de présenter à Dieu toutes sortes d'offrandes et de sacrifices d'animaux . » Jésus vit qu'il avait répondu de façon intelligente; il lui dit alors : « Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu. » Après cela, personne n'osait plus lui poser de questions.» Marc 12, 28-34


Bonne semaine!

jeudi 19 novembre 2009

Appelés à l'Amour :ACAT-Canada a 25 ans


mardi 17 novembre 2009

La Prière et la méditation par Gilles Castelneau



Afin de poursuivre la réflexion entreprise dimanche dernier lors de la rencontre du groupe «Foi et Fierté» et pour donner suite à mon billet d'hier, je vous partage ce texte du pasteur Gilles Castelneau pris sur le site «Protestant dans la Ville» dans la section «Libres Opinions». Bonne lecture!


La prière, la méditation des enfants de Dieu
savez-vous prier ?

Si quelqu'un est en Christ il est une nouvelle créature
Les choses anciennes sont passées
voici, toutes choses sont devenues nouvelles.
2 Corinthiens 5.17

Evidemment, si l'on est un vrai enfant de Dieu, si l'on sait être « uni au Christ », si on se sent, comme dit Paul, « une nouvelle créature », le problème de la prière doit être éclairé d'une lumière nouvelle. Nos méditations doivent être franchement surnaturelles. On dit même que les vrais mystiques vivaient des miracles quotidiens : saint François savait parler aux oiseaux et aux poissons, sainte Thérèse d'Avila lévitait, paraît-il, jusqu'au plafond de son église !
Et nous en sommes loin. C'est décourageant et même un peu culpabilisant !
Mais pourtant nous sommes nous aussi un peu « unis au Christ ». Nous connaissons bien le récit delà femme adultère qui n'est pas lapidée, celui de la multiplication de pains où les disciples nourrissent, unis à Jésus, la foule des affamés alors qu'ils pensaient n'avoir rien, le paralysé à qui Jésus dit « lève-toi et marche » et qui part tout heureux dans sa maison, les pèlerins d'Emmaüs qui reconnaissent la présence de Jésus lors du partage le pain...
Nous sommes familiers de ces récits (si vous ne l'êtes pas, lisez-les dans les évangiles, ils sont saisissants !) nous savons les raconter, ils sont nôtres, ils nous paraissent vrais et forts. A travers eux nous sommes vraiment unis au Christ. Ils nous changent les idées.
Imaginez que, parce que nous sommes conscients de nos limites, de nos insuffisances, du mécontentement que nous avons parfois de nous-mêmes, nous nous laissions aller à chantonner : « Seigneur aie pitié, Christ aie pitié, Seigneur aie pitié ». Unis au Christ dans cette atmosphère des évangile, vous savez bien que Jésus nous répondrait : « Arrête ! on va maintenant chez Zachée, le collecteur d'impôts haï de la foule de Jéricho. Et on va lui dire que le salut est entré dans sa maison car il est aussi un fils d'Abraham et il n'en est pas conscient. Il nous recevra certainement avec joie. Et les choses iront mieux pour lui. »
Imaginez aussi que vous voyez les pauvres en Israël qui se désespéraient, sans espoir de sortir de leur misère et qui attendaient de César, ou du moins du gouverneur Ponce Pilate qu'il arrête de construire des théâtres et d'organiser les jeux du cirque pour s'occuper un peu de leur niveau de vie. Et rappelez-vous, on entendait Jésus leur dire :
- « heureux vous qui êtres pauvres, le Royaume de Dieu est à vous, mais malheur à vous qui êtes riches car vous avez déjà votre récompense ».
Et ces paroles, le Souffle qui les animait, donnait à tous, naturellement, de l'espérance et un regard plus clair !
Car partout où l'on s'est ouvert à cet Esprit créateur, chaque fois qu'on s'est regardé fraternellement les uns les autres, des espérances sociales, ont surgi, un regard nouveau s'est ouvert sur le monde.
Finalement, Paul l'avait bien vu, quand on est uni au Christ, on acquiert un nouveau regard, les choses deviennent nouvelles, on est comme une nouvelle créature, Les choses anciennes sont passées ! Une présence, une force, un Esprit nouveau surgit.
***
Dans cet Esprit, la prière des amis de Jésus, ceux qui sont « en Christ » ne se réduit pas à des litanies répétitives, insignifiantes et médiocres du genre
« Seigneur, aie pitié ! »
« bénis tout le monde »
« protège mes enfants »
Bavardages hasardeux à un Dieu qui, du haut de son ciel, évite un accident à l'un mais laisse mourir l'autre, dans des décisions incompréhensibles et finalement peu sympathiques. Un Dieu de toutes façons bien différent de ce que Jésus nous avait fait révélé.
La prière n'est pas forcément récitation de formules toutes faites auxquelles on essayerait de donner un sens et dans lesquelles ont s'efforcerait de s'impliquer. Elle n'est pas une suite de demandes plus ou moins stéréotypées. Elle n'est en tout cas pas indication donnée à Dieu de ce qu'il serait bien inspiré de faire à l'égard d'un pauvre monde dont il s'occuperait de manière trop distraite, trop peu et de trop loin.
La prière peut être l'arrêt tranquille que l'on fait un moment dans nos activités de la journée, instant de méditation paisible, de contemplation silencieuse de la vie du monde, de réflexion sereine sur nous-mêmes et ce que nous voyons, ce que nous vivons, recueillement confiant dans la compagnie bienveillante de Jésus-Christ qui nous fait voir les choses à sa manière et souffle en nos coeurs le Souffle de Dieu. Moment de calme, de silence, de paix, où l'on lit la Bible ou un autre livre, où on pense calmement à soi, à la vie, aux autres, à Dieu...
- Prise de conscience du dynamisme créateur que la présence de Dieu fait monter en nous et qui renouvelle en nous, malgré notre faiblesse et notre découragement, le courage de continuer à vivre, d'affronter les forces mauvaises qui nous tirent vers le bas, force qui nous rend un peu semblables à Jésus-Christ et nous libère de notre pessimisme et de l'angoisse destructrice.
- Prise de conscience de l'harmonie, de la paix intérieure, de la « grâce » bienveillante mobilisatrice en encourageante
- Prise de conscience de la fraternité universelle qui nous unit dans le regard paternel de Dieu aux autres hommes, aux animaux aussi et aux plantes, à la nature, et comme dit le psaume : « à tout ce qui respire ».
***
On ne dit pas : « Sois avec moi, sois avec les miens » car il l'est, bien plus encore que nous ne le sommes nous-mêmes.
On ne dit pas : « Vois les pauvres » alors que c'est lui qui nous les fait voir. Mais, animé par son Esprit on dit : « je vois les pauvres », je connais le CASP, la Cimade, le Secours catholique, le Secours Populaire.
On ne dit pas : « Nourris le Tiers-Monde », mais éclairé par son Esprit on dit : « je vois les dictateurs et la corruption, les jeux de la Bourse et les subventions à nos agriculteurs qui ruinent le Cameroun ».
On est au courant car Dieu est au courant, on sait voir les choses car Jésus voyait le paralysé et le démoniaque dans la foule de la synagogue.
***
On ne cherche pas non plus à élever nos âmes jusqu'au monde céleste de Dieu, à pénétrer dans le monde du sacré en nous laissant entraîner par les chants religieux, la fumée de l'encens, la lumière des cierges, la demi-obscurité des églises, les litanies, les signes de croix, qui sont des détachements de la vie réelle, l'idéalisation de la vie monastique, finalement une dé-incarnation, mouvement contraire à celui de Jésus qui se voulait homme intégré à la vie des hommes.
Dieu est en nous, il n'est pas sans nous, il est plus que nous.
Le théologien Paul Tillich disait :
« Affronté au non-sens, à la finitude, à la culpabilité, au mépris de soi,à la répression morale, le croyant réagit par l'affirmation de la puissance vivante que nous renouvelle la Présence spirituelle de Dieu qui nous permet de surmonter les attaques du néant. »
***
Ce serait se conduire avec prétention, ce serait cause d'épuisement et de dépression que de se croire capable de renouveler soi-même son élan vital, de retrouver soi-même sa stabilité.
C'est sans doute de cette absence de méditation que proviennent chez tant de nos contemporains les sentiments d'échec, d'impuissance, de frustration, d'insécurité dont on souffre tant de nos jours. Comment un homme (qui n'est pas Dieu !) pourrait-il en effet subsister par ses propres forces ?

lundi 16 novembre 2009

La Prière



Hier après-midi, j'ai assisté à une très belle rencontre du groupe «Foi et Fierté» à l'Église Unie St-Jean de Montréal. Le sujet était la prière.
Il est difficile pour moi de concilier le fait de travailler dans la nuit du dimanche au lundi de chaque semaine et ma participation au culte ou à Foi et Fierté. Je dois choisir entre les deux et ajuster mon sommeil en conséquence.
Ça faisait deux ans que je n'avais pas assisté à une rencontre de ce groupe, à part ma participation au souper du printemps dernier et au pique-nique à la fin août.
Ceci étant dit, je dois ajouter que ça me manque beaucoup de ne pas pouvoir participer sur une base régulière à ce genre de rencontre. Je dois relancer mon projet de créer un groupe similaire en Montérégie, freiné pour diverses raisons depuis mes premières démarches, dont la maladie cardiaque de mon conjoint et la grippe qui nous a cloué tous les deux à la maison ces dernières semaines.
Je dois avouer aussi que je me sens solitaire dans mes démarches, n'étant rattaché à aucune paroisse des environs. Je ne dois compter que sur Dieu et moi-même pour relancer le projet. Si je pouvais me trouver un partenaire, même d'une autre église chrétienne de la région pour mettre sur pied ce groupe, je crois que j'en serais très heureux. L'appel est lancé.
Ce sont toutes ses conditions réunies qui m'ont fait grandement réfléchir sur la fragilité dans un billet en date du 25 octobre dernier.
Quoi qu'il en soit, je ne veux pas trop m'éloigner du sujet de cet article.
Cette rencontre sur la prière a été très enrichissante. Le partage franc et sincère des participants m'a beaucoup apporté. Ça m'a permis de me recentrer sur ce besoin de créer dans nos vies des instants privilégiés pour rencontrer Dieu, pour se dire à Lui et de laisser se raconter en nous-même, pour revoir notre histoire personnelle sous le regard de son immense tendresse.
J'ai beaucoup apprécié les différentes facettes abordées et les diverses façons de concevoir entre autre chose la prière de confession telle que nous la faisons au début du culte dominical. J'ai surtout aimé que l'animateur nous demande qu'elle serait la prière que nous ne ferions pas. Ça peut paraître un peu raide comme question mais c'est très intéressant de s'y attarder.
Enfin, que devons-nous penser de cette formule souvent employée lorsque nous terminons notre prière par des mots comme «nous te le demandons au nom de Jésus»? Ne prenons-nous pas cette formulation au pied de la lettre, comme s'il s'agissait d'une formule puissante, presque magique, qui nous ferait obtenir tout ce que notre prière exprime? Que peuvent exprimer réellement ces mots?
Voilà quelques-uns des aspects évoqués sur la prière durant cette rencontre. Nul doute que la réflexion peut et doit se poursuivre pour chacun de nous.
Comme je l'ai souligné durant la rencontre, les moments qui sont propices à la prière sont ceux où dans le silence je me mets à l'écoute de Dieu. Pas parce qu'Il me parle avec des mots. Juste parce que je ressens sa présence. Je pense souvent à cette phrase qu'a écrite un bénédictin. Je vous en fait part de mémoire et dans mes mots car je n'ai plus la référence.
-Le silence n'est pas absence de parole. C'est parce que Dieu est parole que des hommes font silence pour mieux l'entendre.
Pour moi, le silence est important pour m'ouvrir à la prière. Peu importe que ce soit à la maison, à l'église ou encore en forêt, le silence me dispose à accueillir et à être accueilli.
Détrompez-vous, je n'ai rien d'un mystique ou d'un contemplatif. Je suis davantage une personne d'action. Dans les faits, je prie plus par l'action qu'autrement. Je dois me discipliner pour prendre quelques minutes par jour pour méditer un passage biblique si court soit-il. La constance n'a rien d'évident pour moi. Il est essentiel de m'arrêter occasionnellement pour retrouver cet oasis de paix à travers le silence et de m'y plonger. Ce sont des moments privilégiés où je peux être seul avec Dieu, hors des contraintes du travail, des bruits environnants et des distractions de toute sorte.
Les conceptions sur la prière sont très variées d'une personne à l'autre. Il n'en demeure pas moins que la prière est le moteur de la vie de chaque croyant/e, que se soit dans l'action, dans le silence, dans la contemplation ou chez certains par la récitation.

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Faire silence


Deviens en toi-même
une maison de paix,
un point tranquille tourné
vers Dieu.
Mets-toi à l’école
du silence profond et vrai
qui n’est pas mutisme
mais passerelle vers l’écoute
et la communion.
N’emplis pas tes jours
de mots inutiles et d’agitation.
Nos villes
surchargées de bruit
tuent dans l’homme
ce qu’il a d’essentiel.
Ouvre-lui une porte,
au cœur purifié
de ton amitié.
(anonyme, trouvé dans une église)

samedi 14 novembre 2009

Exposé au jugement: Réflexion sur Jean 7: 10-52



Pour ce Week-end, je reprends le texte que j'ai écrit lors de ma participation à la dernière édition des «Miettes de la Table». Ce recueil de prières, de textes, tombé comme des miettes de la Table, est un lectionnaire inclusif, édité par le Carrefour de chrétiens inclusifs (CCI), auquel contribuent des chrétiens et chrétiennes, laïcs ou responsables, de toute confession, divers dans leur âge, leur théologie, leur spiritualité ou leur orientation sexuelle mais réunis par une même conviction de l'amour inconditionnel de Dieu!

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Dimanche 15 novembre 2009, Année D, Jean 7 : 10 -52

1Après cela, Jésus parcourait la Galilée ; en effet, il ne voulait pas parcourir la Judée, parce que les Juifs cherchaient à le tuer.
2Or la fête juive des Tentes était proche. 3Ses frères lui dirent : Pars d'ici et va-t'en en Judée, pour que tes disciples aussi voient les œuvres que tu fais. 4Personne n'agit en secret, s'il cherche à se mettre en évidence ; si tu fais ces choses, manifeste-toi au monde. 5En effet, même ses frères ne mettaient pas leur foi en lui. 6Jésus leur dit : Mon temps n'est pas encore venu ; votre temps à vous est toujours là. 7Le monde ne peut pas vous détester ; moi, il me déteste, parce que je lui rends le témoignage que ses œuvres sont mauvaises. 8Montez, vous, à la fête. Moi, je ne monte pas à cette fête, parce que mon temps n'est pas encore accompli. 9Après avoir dit cela, lui, il demeura en Galilée.
Jésus à la fête des Tentes
10Mais quand ses frères furent montés à la fête, alors il y monta lui aussi, non pas manifestement, mais comme en secret. 11Les Juifs le cherchaient pendant la fête et disaient : Où est-il, celui-là ? 12Il y avait dans les foules beaucoup de murmures à son sujet. Les uns disaient : C'est un homme de bien. D'autres disaient : Au contraire, il égare la foule. 13Personne, toutefois, ne parlait ouvertement de lui, par crainte des Juifs.
14On était déjà au milieu de la fête quand Jésus monta au temple ; là, il enseignait. 15Les Juifs, étonnés, se demandaient : Comment connaît-il les Ecrits, lui qui n'a pas étudié ? 16Jésus leur répondit : Mon enseignement n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé. 17Si quelqu'un veut faire sa volonté, il saura si cet enseignement vient de Dieu ou si c'est moi qui parle de ma propre initiative. 18Celui qui parle de sa propre initiative cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé est vrai, et il n'y a pas d'injustice en lui.
19Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi ? Pourtant aucun de vous ne met la loi en pratique. Pourquoi cherchez-vous à me tuer ? 20La foule répondit : Tu as un démon ! Qui cherche à te tuer ? 21Jésus leur répondit : J'ai fait une seule œuvre et vous en êtes tous étonnés. 22Moïse vous a donné la circoncision, — non qu'elle vienne de Moïse, puisqu'elle vient des pères — et vous circoncisez un homme pendant le sabbat.23Si un homme reçoit la circoncision pendant le sabbat, pour que la loi de Moïse ne soit pas annulée, pourquoi vous irritez-vous contre moi qui ai rendu la santé à un homme tout entier pendant le sabbat ? 24Ne jugez pas selon l'apparence : que votre jugement soit juste !
Jésus est-il le Christ ?
25Quelques habitants de Jérusalem disaient : N'est-ce pas celui qu'ils cherchent à tuer ? 26Le voici qui parle ouvertement, et ils ne lui disent rien ! Est-ce que les chefs auraient vraiment compris qu'il est le Christ ? 27Cependant, celui-ci, nous savons d'où il est ; le Christ, quand il vient, personne ne sait d'où il est ! 28Alors Jésus, qui enseignait dans le temple, s'écria : Vous me connaissez, et vous savez d'où je suis ! Pourtant ce n'est pas de moi-même que je suis venu ; celui qui m'a envoyé est vrai, et vous, vous ne le connaissez pas. 29Moi, je le connais, car je viens de lui et c'est lui qui m'a envoyé.
30Ils cherchaient donc à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue.
31Parmi la foule, beaucoup mirent leur foi en lui ; ils disaient : Le Christ, quand il viendra, produira-t-il plus de signes que celui-ci n'en a produit ?
Des gardes sont envoyés pour arrêter Jésus
32Les pharisiens entendirent la foule murmurer à son sujet. Alors les grands prêtres et les pharisiens envoyèrent des gardes pour l'arrêter.
33Jésus dit : Je suis encore avec vous pour un peu de temps, et je m'en vais vers celui qui m'a envoyé. 34Vous me chercherez, mais vous ne me trouverez pas ; là où, moi, je suis, vous, vous ne pouvez pas venir. 35Les Juifs se dirent entre eux : Où va-t-il se rendre, pour que, nous, nous ne le trouvions pas ? Va-t-il se rendre chez ceux qui sont dispersés parmi les Grecs et instruire les Grecs ? 36Que signifie cette parole qu'il a dite : « Vous me chercherez, mais vous ne me trouverez pas ; là où, moi, je suis, vous, vous ne pouvez pas venir. »
Des fleuves d'eau vive
37Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, debout, s'écria : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive ! 38Celui qui met sa foi en moi, — comme dit l'Ecriture — des fleuves d'eau vive couleront de son sein. 39Il dit cela au sujet de l'Esprit qu'allaient recevoir ceux qui mettraient leur foi en lui ; car il n'y avait pas encore d'Esprit, puisque Jésus n'avait pas encore été glorifié.
La foule se divise à cause de Jésus
40Des gens de la foule, après avoir entendu ces paroles, disaient : Vraiment, c'est lui, le Prophète ! 41D'autres disaient : C'est le Christ ! Mais d'autres disaient : Est-ce de Galilée que vient le Christ ? 42L'Ecriture ne dit-elle pas que le Christ vient de la descendance de David et de Bethléem, le village où était David ? 43Il y eut donc, à cause de lui, division parmi la foule. 44Quelques-uns d'entre eux voulaient l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.
L'incrédulité des chefs
45Les gardes revinrent vers les grands prêtres et les pharisiens, qui leur dirent : Pourquoi ne l'avez-vous pas amené ? 46Les gardes répondirent : Jamais un homme n'a parlé ainsi. 47Les pharisiens leur répliquèrent : Est-ce que, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? 48Y a-t-il quelqu'un parmi les chefs ou les pharisiens qui ait mis sa foi en lui ? 49Mais cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont des maudits ! 50Nicodème, qui était venu le trouver précédemment et qui était l'un d'entre eux, leur dit : 51Notre loi juge-t-elle un homme sans qu'on l'ait d'abord entendu et qu'on sache ce qu'il fait ? 52Ils lui répondirent : Serais-tu de Galilée, toi aussi ? Cherche bien, et tu verras qu'aucun prophète ne vient de Galilée.

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Le texte de Jean nous montre Jésus parmi la foule à la fête des Tentes. Cette fête (Soukkot) est la plus ancienne des fêtes bibliques. À l'origine fête des récoltes, elle se réfère au texte du Lévitique (Lévitique 23 :42-44): « Vous demeurerez pendant sept jours sous des tentes; tous les indigènes en Israël demeureront sous des tentes, afin que vos descendants sachent que j'ai fait habiter sous des tentes les enfants d'Israël, après les avoir fait sortir du pays d'Égypte. Je suis le Seigneur, votre Dieu. C'est ainsi que Moïse dit aux enfants d'Israël quelles sont les fêtes du Seigneur ».


Ce qui me frappe dans ce texte, c’est de voir à quel point Jésus s’expose par son enseignement aux jugements d’autrui. D’un côté on le reconnaît comme un homme de bien et de l’autre comme celui qui contribue à l’égarement de la foule.

Souvent lorsque j’aborde un texte évangélique, j’essaie de voir comment il rejoint mon expérience de vie. Certes je n’ai pas la prétention de voir en Jésus mon égal mais je me permets toute de même d’aborder ce texte par comparaison.


Pour les juifs, Jésus est un dérangeur. Chaque chrétien se doit à un certain niveau d’être dérangeur des consciences à l’exemple de Jésus. Au sein même du christianisme, ne sommes-nous pas davantage exposé au jugement de nos pairs à cause de notre orientation affective ? Nous sommes aussi des dérangeurs, une minorité à qui on aimerait parfois imposer le silence. Mais nous sommes au Christ nous aussi et nous témoignons de la grandeur de sa grâce, même si notre témoignage dérange ou scandalise. «Ne jugez pas selon l’apparence; que votre jugement soit juste» (v24). Une autre traduction se lit ainsi : «Jugez de façon correcte.»


Ce texte de l’évangile nous montre un Jésus qui est objet de discussions animées, et de clivages. Certains veulent même le voir mort. On l’exclut sous prétexte qu’il vient de Galilée et qu’il ne peut y avoir de prophète venant de cette région (v.52). Il dérange les chefs religieux. Comment cet homme peut-il connaître les écrits puisqu’il n’a pas étudié (v.16)? Le voilà jugé sur une question de rhétorique plus que la source de son inspiration. On lui reproche aussi de ne pas avoir respecter la loi parce que par amour, il a guéri un homme le jour du sabbat (v.23). Peu importe ce que Jésus dit ou fait, il sera jugé de toute façon.


Les chefs religieux stagnent dans leurs concepts traditionnels pendant que Jésus démontre que le cheminement spirituel va au delà des principes et de la loi. La foi est quelque chose qui vit et qui évolue. Pour moi, même si c’est une interprétation très personnelle, la figure «des fleuves d’eau vive» démontre le mouvement de l’Esprit dans la spiritualité chrétienne. Ce n’est pas quelque chose qui stagne, l’eau est un courant qui mène vers une autre dimension. «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ! Celui qui met sa foi en moi- comme le dit l’Ecriture- des fleuves d’eau vive couleront de son sein. (v.38)» Cette mouvance de l’Esprit nous permet de changer les choses, de témoigner de notre foi au Christ, de nous affirmer au risque de déranger et de nous exposer aux bons ou aux mauvais jugements de nos pairs comme Jésus lui-même en fut l’objet dans ce texte de Jean.


Rendons grâce à Dieu d’être des dérangeurs à l’exemple de Jésus ! Puissions-nous ainsi accomplir sa volonté par Jésus-Christ. Amen !

vendredi 13 novembre 2009

Une belle histoire d'amour inconditionnel et de pardon



L'émission «Enquête» à Radio-Canada a présenté hier soir un reportage très touchant sur l'affaire de Nickel Mines survenue en 2006.  Ce récit est bouleversant. Ce reportage ne peut malheureusement pas être vu sur le site Internet de l'émission.  Je vous suggère donc d'en regarder les reprises samedi et dimanche.



Le 2 octobre 2006, un homme armé a fait irruption dans une classe de Nickel Mines, un village de 300 habitants au coeur de la communauté amish de Pennsylvanie. Alignant les filles contre le mur, il a tiré à bout portant. Bilan : 5 fillettes mortes et 5 gravement blessées. Il s'est ensuite suicidé.


Les familles des victimes, toutes issues de la communauté amish, ont immédiatement pardonné au tueur et à sa famille.


Pour la première fois et après avoir refusé toutes les demandes d'entrevue, la mère du tueur raconte son histoire et revient sur la façon dont le pardon des familles a changé sa vie. Nous vous présentons également une incursion dans un monde méconnu, celui des Amish.


Le reportage ne sera pas disponible sur Internet. Vous pouvez le voir, en rediffusion, samedi le 14 novembre à 16 h, ou bien, sur RDI, le dimanche 15 novembre, à 2 h et à 18 h.


Journaliste : Josée Dupuis, réalisatrice : Geneviève Turcotte, monteuse : Annabelle Lehouillier, caméraman : Pierre Mainville.

Articles lus sur le Web: Solidarité anglicane & Homophobie et Exclusion




CITE DU VATICAN, 11 nov 2009 (AFP) - Des anglicans dissidents refusent l'offre du Vatican de se convertir

Environ 300 évêques et archevêques anglicans, opposés à la ligne libérale de leur Eglise concernant l'homosexualité, ont refusé mercredi l'offre du Vatican de se convertir au catholicisme, jugeant que "ce n'est pas le moment d'abandonner" leur religion.


"Nous sommes convaincus que ce n'est pas le moment d'abandonner la communion anglicane", déclare l'archevêque nigérian Peter Akinola, président du Gafcon (Conférence pour un avenir anglican mondial) dans un communiqué sur le site internet du mouvement.


Ces anglicans disent être "profondément reconnaissants" au pape de son "aimable" offre. "Nous sommes cependant meurtris que la crise actuelle dans notre chère communion anglicane ait rendu nécessaire une telle offre sans précédent", ajoute Peter Akinola.


En outre, il souhaite "encourager tous les anglicans qui étudient cette invitation de l'Eglise catholique romaine à reconnaître que les églises anglicanes se renforcent partout dans tout le monde".


Le Gafcon, créé à l'occasion d'un sommet à Jérusalem du 22 au 29 juin 2008, conteste l'autorité de l'archevêque de Canterbury Rowan Williams.


Ces dissidents, qui disent représenter 35 millions de fidèles, soit presque la moitié des anglicans dans le monde, et dénoncent la ligne libérale suivie à propos de l'homosexualité et un "déclin spirituel" en Occident, affirment que leur initiative n'est pas un schisme mais la création d'"une Eglise dans l'Eglise" destinée à faire avancer la réforme de l'intérieur.


Les fractures au sein de l'Eglise anglicane ne sont pas nouvelles. Celle-ci est profondément divisée depuis l'ordination en 2003 de Gene Robinson, un Américain ouvertement homosexuel, comme évêque du New Hampshire par l'église épiscopalienne américaine. Mais également depuis l'ordination de Barbara Harris, la première femme évêque de l'Eglise anglicane, en 1989.
La croix





WASHINGTON, 12 nov 2009 (AFP) - Mariage gay: l'Eglise menace de s'en prendre à l'aide sociale à Washington

L'archevéché de Washington s'est vigoureusement opposé à un projet de loi visant à légaliser le mariage homosexuel dans la capitale fédérale américaine en menaçant d'interrompre sa participation à des programmes sociaux qui aident les défavorisés.


L'Eglise catholique, qui compte 580.000 fidèles dans l'agglomération, réclame au Conseil municipal de Washington DC une modification du projet de loi, l'autorisant à être exemptée de reconnaître les unions homosexuelles et de fournir des services à des couples de même sexe dont l'union est contraire à la foi catholique.


"Le mariage est par nature l'union entre un homme et une femme", a stipulé l'Eglise dans un communiqué alors qu'un projet de loi est en discussion parmi les élus de la capitale.


Le texte n'imposerait pas à l'église catholique de célébrer ces mariages mais, selon l'archevéché, il va obliger ses organisations caritatives, ses employés et ses fidèles à refuser des services à des couples homosexuels, au nom de leur foi.


L'église craint des poursuites judiciaires. "Les organisations religieuses et les individus risquent de faire face à des poursuites pour avoir refusé de promouvoir et de soutenir les unions de même sexe", dit l'Eglise.


La loi pourrait "empêcher (...) les associations caritatives catholiques de poursuivre leur partenariat avec la municipalité de Washington DC pour fournir de l'aide sociale aux milliers de ses habitants les plus pauvres", avertit le communiqué.


Les organisations caritatives catholiques aident quelque 68.000 personnes par an à travers 93 différents programmes, allant de foyers pour les sans-abri ou les étudiants à des consultations médicales en passant par la distribution de repas. L'église catholique gère 21 écoles et une vingtaine d'entreprises à but non-lucratif dans 40 paroisses dans la région de Washington.


Le conseil municipal entend faire passer la loi le mois prochain mais fait face à une opposition tenace qui aimerait un referendum sur la question.
La Croix




Développer son potentiel hétérosexuel : Michel Lizotte persiste et signe

Deux semaines après avoir animé une première conférence intitulée «Aider mon enfant à développer son potentiel hétérosexuel» et dix jours après avoir fait l’objet d’une chronique peu élogieuse signée par Patrick Lagacé, dans La Presse, l’animateur et auteur Michel Lizotte a tenté de rétablir sa réputation ce matin. Son discours, par contre, n’a subi aucune altération.


Michel Lizotte, qui est diplômé en journalisme, milite depuis plusieurs années contre les homosexuels. Selon lui, ces personnes ont choisi un «mode de vie» qui n’est pas naturel.


Cinq ans de recherches lui auraient permis de découvrir une issue thérapeutique pour les homosexuels qui sont malheureux de leur condition. Ces découvertes, M. Lizotte souhaitait les partager avec la population, mais particulièrement avec les parents inquiets de voir «leur garçon s’habiller en fille ou leur fille s’habiller en garçon».


«Mon objectif, en tant que journaliste, c’est d’être le chien de garde de la population, a-t-il expliqué en point de presse. Je pense que la population a droit à une information juste et c’est mon devoir de donner les deux côtés de la médaille de l’homosexualité. Les objectifs de la formation m’apparaissent tout à fait corrects, je ne pense pas qu’il y ait rien d’homophobe là-dedans.»


«Discours marginal»
Le conférencier a eu beau préciser que ses dires étaient fondés sur des études et ne tenaient pas de la croisade homophobe, le président de Gai Écoute, Laurent McCutcheon, n’a pas été impressionné.


«C’est un discours marginal, mais ça demeure très inquiétant de voir quelqu’un s’en prendre à l’homosexualité de cette façon-là, a-t-il affirmé. Ce n’est pas vrai que sur le plan scientifique, il y a un consensus sur lequel [Michel Lizotte] peut se baser. Les études qu’il cite sont des études marginales. C’est comme si je voulais démontrer que la Terre est plate. C’est sûr qu’à force de chercher, je trouverais des études qui le prouveraient.»


Michel Lizotte, pourtant, persiste et signe. Il a notamment affirmé ne pas comprendre pourquoi les gouvernements ne rendaient pas publiques les études sociologiques qui démontrent que les personnes ayant des relations homosexuelles ont «183 fois plus de risque de contracter le VIH, 50 fois plus de risque d’être infectées par le SIDA ou 40 fois plus de risque d’être touchées par une ITS».


«Je ne me prononce pas à savoir si c’est bien ou mal d’être homosexuel, mais je pense qu’il est important de savoir que des pratiques hétérosexuelles et homosexuelles ne mènent pas à la même place, a-t-il soutenu. Je pense que les personnes qui luttent contre des attraits homosexuels ont le droit d’avoir les informations que je donne.»


Fait à noter, les conférences que devaient offrir Michel Lizotte le 9 novembre et le 7 décembre ont été annulées.

Métro Montréal

mercredi 11 novembre 2009

Souvenons-nous aussi des enfants de guerre...

Je suis tombé sur ce clip, «La Prière des Enfants».  Je trouve ça très touchant et je n'ajouterai pas davantage de mot. Les images et le chant suffisent.


mardi 10 novembre 2009

Se souvenir en ce 11 novembre...




  • ...de nos soldats qui ont participé à la première guerre mondiale
  • ...de nos soldats qui ont participé à la libération de l'Europe et qui ont joué un rôle majeur lors des débarquements de Normandie, de Dieppe et de la libération des Pays Bas.
  • ...des 42000 soldats canadiens morts pendant la deuxième guerre mondiale
  • ...des 133  jeunes soldats canadiens morts en Afghanistan
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C'est aussi se souvenir de toutes ses images qui racontent l'histoire de peuples détruits, torturés, humiliés à cause de la haine des hommes.







 

On croit  que la guerre est utile. Je ne le crois pas. Peu importe les motifs évoqués pour la provoquer, même au nom de la démocratie, les véritables victimes demeurent ceux et celles qui la subissent.


Souvenons-nous de ceux et celles qui ont particpé

à nous libérer des tyrans.

.
Prions et travaillons pour la Paix!



samedi 7 novembre 2009

Le chemin des petits bonheurs



Depuis un an, nous nageons dans des psychodrames à répétition. L'an dernier nous étions en plein crash économique, cette année nous nous retrouvons en pleine pandémie de grippe. Depuis quelques jours, l'inquiétude se voit partout avec les cas de grippe A H1N1 qui se multiplient.


Évidemment, ce qui vient frapper notre imaginaire, ce sont les décès des derniers jours. Pas qu'ils soient nombreux, mais surtout par leur façon foudroyante de se manifester. Nous vivons dans la peur, à tort ou à raison. Le danger est justement que nous soyons paralysés par la peur au point d'en perdre la raison.


Mon conjoint a des symptôme grippaux depuis le week-end, dernier. Pour ma part, j'ai eu les premiers symptômes lundi dernier. Mercredi et jeudi, j'ai dû m'absenter du travail à cause de la fièvre et d'une toux d'outre tombe.


C'est certain que j'ai pensé que ce pouvait être la grippe tant redoutée. J'ai été vacciné jeudi dernier. Avant que le vaccin soit efficace, il faut compter une quinzaine de jours. Ayant une maladie pulmonaire chronique, je fais parti des personnes à risque de complication lorsqu'un virus grippal a la gentillesse de me laisser sa carte de visite.


Le manque de sommeil à cause de ma respiration difficile n'a fait qu'amplifier l'inquiétude même si je sais qu'il de s'agit pas de la Grippe A H1N1. Si tel avait été le cas, je n'aurais pas pu reprendre mon travail dans la nuit de jeudi à vendredi. Probablement un virus respiratoire comme je m'en tape un régulièrement.


J'ai bu beaucoup d'eau, j'ai consommé de l'acétaminophène aux six heures, j'ai pris du sirop, je me suis tenu bien tranquille à la maison les premiers quarante-huit heures. Je me suis fait plus constant dans la prise de mes inhalateurs (Salbutamol et Advair). Ce n'est pas la grande forme, mais je fonctionne bien. Je porte un masque au travail pour éviter de transmettre mon virus aux autres et je me lave les mains fréquemment.


Je ne voulais pas vraiment vous parler de la crise économique, de la pandémie ou du virus qui m'affecte depuis quelques jours. C'est juste que j'ai l'impression qu'avec tout ce nous entendons dans l'actualité ou dans ce que nous voyons autour de nous depuis quelques temps, nous sommes plus préoccupés par ce qui ne va pas que par les petits moments de bonheur qui se présentent ici et là à chaque semaine et qui tentent d'illuminer nos vies.


Nous nous laissons submerger par la peur et l'angoisse et je crois que nous passons peut-être à côté de certaines choses essentielles. Quand il y a trop de nuages dans le ciel, on ne parvient plus à se rappeler du bleu magnifique qui l'habille.


Cette semaine, j'ai vécu un moment de bonheur dans ma vie, malgré la maladie et l'inquiétude. Un moment qui a duré une quinzaine de minutes mais dans lequel j'ai vécu un moment fort d'intériorité. Un moment qui perdure lorsque j'écris ce billet.


Depuis quelques mois, je corresponds avec un prêtre catholique qui vit à l'étranger. Nous nous sommes connus par le biais de mon blogue. Au fil des mois, nous nous sommes ouverts l'un à l'autre, d'égal à égal, d'une façon franche et avec beaucoup d'écoute.


Dieu a parfois de curieux comportements. En fin de compte, je ne suis pas tellement surpris d'avoir été créé à son image parce que côté bizarrerie, je peux vous en montrer. Remarquez que j'assume ça très bien.


Blague à part, Dieu intervient au temps voulu pour toucher le cœur de l'homme et je dois avouer que c'est souvent de façon inattendue. Les choses ne semblent pas suivre nécessairement notre logique mais il y a toujours une forme de logique à l'action de Dieu dans nos vies.


Bref, lorsqu'après des années d'absence je suis revenu à l'Église par les chemins protestants, mes valises débordaient de blessures profondes, de ressentiments et d'amertume envers l'Église catholique romaine et plusieurs de ses prêtres.


Je ne veux pas élaborer davantage sur le sujet. Je peux cependant vous dire que la colère était parfois si intense que malheureusement mes propos pouvaient déborder et qu'ils n'étaient pas toujours adéquats. Je me souviens qu'un paroissien de St-Pierre à Québec m'avait dit que la haine ne servait à rien et qu'avec le temps, ça finirait par passer. Inutile de vous dire qu'il avait raison. Encore fallait-il que je parvienne à me réconcilier avec mon passé de catholique romain et tout ce passif qui me rongeait de l'intérieur.


C'est dans cette période de réflexion que ce prêtre est arrivé dans ma vie de façon virtuelle. Il est le seul à qui j'ai été capable de raconter mon histoire et ma révolte en détail. C'est certain qu'à l'occasion, le pasteur ou des gens de ma paroisse m'avaient entendu parler sur mon cheminement du catholicisme au protestantisme, mais pour la première fois, je pouvais exprimer ce qui m'avait étouffé pendant tant d'années, à un prêtre de mon ancienne église. C'était comme si j'arrêtais de faire du clivage en disant une personne concernée «j'ai été blessé par le manque d'accueil et d'amour dans l'église et c'est pour ça que je suis parti» ...et je n'ai pas été jugé.


Ce prêtre, par son écoute m'a permis de grandir. Sa générosité me permet de pardonner. Je demeure un protestant convaincu et sûrement très protestataire.


Mon bonheur de la semaine, c'est que pour la première fois, ce prêtre et moi, nous nous sommes parlés par «Skype». Il m'a confié ses intentions de prière et ses projets. Nous avons parlé quelques minutes. Je sais que je ne devais pas être particulièrement expressif car j'étais malade et je suis plutôt du genre mal à l'aise à parler au téléphone ou avec un microphone à l'ordinateur. Je préfère les rencontres en face à face.


Nous avons terminé notre conversation en priant le Notre-Père. Une fois l'appel terminé, j'ai remercié Dieu pour ce beau moment. J'éprouvais une paix profonde et une immense gratitude. Grâce à mon ami, un prêtre catholique, je suis parvenu à relire mon histoire sous le regard de la bonté de Dieu.

Réflexion:


Il y a un temps pour chaque chose
Tout ce qui se produit dans le monde arrive en son temps.
Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir ; un temps pour planter et un temps pour arracher les plantes ;
un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures ; un temps pour démolir et un temps pour construire.
Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire ; un temps pour gémir et un temps pour danser.
Il y a un temps pour jeter des pierres et un temps pour les ramasser. Il y a un temps pour donner des baisers et un temps pour refuser d'en donner.
Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre ; un temps pour conserver et un temps pour jeter ;
un temps pour déchirer et un temps pour coudre. Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler.
Il y a un temps pour aimer et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre et un temps pour la paix.
Quel profit celui qui travaille retire-t-il de sa peine ? J'ai considéré les occupations que Dieu a imposées aux humains. Dieu a établi pour chaque événement le moment qui convient. Il nous a aussi donné le désir de connaître à la fois le passé et l'avenir. Pourtant nous ne parvenons pas à connaître l'œuvre de Dieu dans sa totalité. J'en ai conclu qu'il n'y a rien de mieux pour les humains que d'éprouver du plaisir et de vivre dans le bien-être. Lorsqu'un homme mange, boit et jouit des résultats de son travail, c'est un don de Dieu. J'ai compris que tout ce que Dieu fait existe pour toujours ; il n'y a rien à y ajouter ni rien à en retrancher. Dieu agit de telle sorte que les humains reconnaissent son autorité. Ce qui arrive maintenant, comme ce qui arrivera plus tard, s'est déjà produit dans le passé. Dieu fait que les événements se répètent.


(Ecclésiaste 3:1,15)


Bon week-end  à vous tous dans l'Amour de Dieu!

vendredi 6 novembre 2009

Faire l'Église du Christ




Une Église où il fait bon vivre,
Où l’on peut respirer, dire ce que l’on pense,
Une Église de liberté.


Une Église qui écoute avant de parler,
Qui accueille au lieu de juger,
Qui pardonne sans vouloir condamner,
Qui annonce plutôt que de dénoncer,
Une Église de miséricorde.


Une Église où l’Esprit Saint pourra s’inviter,
Parce que tout n’aura pas été prévu,
réglé et décidé à l’avance,
Une Église ouverte.


Une Église
Où l’audace à faire du neuf
Sera plus forte que l’habitude de faire comme avant.


Une Église
Où chacun pourra prier dans sa langue,
S’exprimer dans sa culture et exister avec son histoire.


Une Église
Dont le peuple dira non pas
« Voyez comme ils sont organisés »
Mais « Voyez comme ils s’aiment. »


Guy Deroubaix
Évêque de Saint-Denis, France
Paru dans le Bulletin des Forums André-Naud, no 11, octobre 2009

mardi 3 novembre 2009

Pétition: Sauvons Nemat Safavi / Save Nemat Safavi



Nemat Safavi avait 16 ans lorsque la police iranienne l'a arrêté. Reconnu coupable d'acte de sodomie, il a été condamné à mort et attend toujours son exécution.


Selon nos informations, l'Iran s'apprête une nouvelle fois à exécuter un jeune homme arrêté alors qu'il était mineur. Nemat Safavi, reconnu coupable d'avoir pratiqué «des actes sexuels qui ne sont pas admis», a été condamné par le tribunal d'Ardabil, en Azerbaidjan iranien, à la peine de mort. Détenu depuis plus de trois ans, il attend désormais que la cour suprême valide la sentence et aucune information n'est donnée par la justice sur son sort.


L'Iran a signé deux traités internationaux portant sur la protection de l'enfance. Le pays s'est engagé à ne plus exécuter aucun citoyen mineur au moment des faits repprochés. Nemat Safavi fait partie de la liste tenue à jour par Amnesty des mineurs jugés et en attente d'exécution en Iran. Le Parlement européen, l'Onu, la prix Nobel de la Paix Chirine Ebadi ont demandé à l'Iran de mettre fin aux exécutions de mineurs, en vain.


Deux autres jeunes hommes disparus
Par ailleurs, en février 2008, deux jeunes hommes, âgés de 18 et 19 ans, ont été arrêtés dans les mêmes conditions et dans la même région. Identifiés sous le nom de Loghman Hamzeh-pour et de Hamze Tchavi dans un premier temps, ces deux Iraniens n'ont, depuis, plus donné de nouvelles à leurs amis.


Merci de bien vouloir signer cette pétition
http://lapetition.be/en-ligne/petition-5247.html

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Nemat Safavi is an Iranian man who was arrested approximately 2 or 3 years ago when he was 16 years old.
He was charged with "lavat" (sexual relations between men).
He has been condemned to death by a court in the northwest region of Azerbaijan.
Iran has a long history of persecuting gays and lesbians either by charging them with "lavat" or by using other charges to justify the persectution or executions.
Nemat was reportedly 16 years old when he was arrested.


Please Sign the petition
http://lapetition.be/en-ligne/petition-5247.html

lundi 2 novembre 2009

Accueillir, ça va de soi?



Voici un texte découvert en faisant des recherches sur la toile. Ce texte me parle beaucoup, pas seulement parce que je suis homosexuel et que j'ai souvent vécu l'exclusion et le mépris, mais parce qu'avant tout, l'attitude inclusive que j'attends d'autrui est aussi ce qui dans l'Évangile doit m'interpeller au quotidien dans mon accueil de l'autre.


Ne m'arrive-t-il pas comme chez  plusieurs d'entre nous de juger, de critiquer et d'exclure? Ça fait partie de la nature humaine, de notre fragilité. Chrétien ou non, nous n'y échappons pas. Rien n'est parfait mais nous essayons tout de même de nous améliorer.


Bonne lecture!

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ACCUEILLIR
Ça va de soi ?


Accueillir la personne homosexuelle “devrait aller de soi”, pour tout homme, comme pour tout chrétien et pour les croyants de toutes religions. Je dis “devrait” car chacun, chrétien ou non, a ses propres difficultés face à l’homosexualité. Cela peut venir de diverses raisons. Peut-être faut-il s’interroger sur le trouble que la personne homosexuelle fait naître en nous. Est-ce de l’ordre de la peur, du dégoût, de la fascination, du mépris, de la condamnation…? Peut-être aussi que cette rencontre remue en nous des choses que nous ne voulons pas nous avouer. Alors c’est lui qui fait les frais de cette découverte ! Le plus gênant, ce n'est pas qu'il soit homosexuel, c'est que moi je ne puisse pas le tolérer, ou l’accueillir. En tout cas il met en lumière nos limites, et c’est déjà une façon qu’il nous offre de mieux nous connaître. Quand je le rejette, quand je veux l’abaisser, c’est moi qui me retrouve plus bas que lui. En quoi d’ailleurs était-il plus bas ou plus méprisable que moi ? Qui voit les cœurs sinon Dieu ?


L’homosexuel(lle), comme chacun, est notre frère ou notre sœur en humanité, mais aussi, pour nous chrétiens, notre frère et notre sœur en Christ, et à ce double titre il (elle) a droit à notre respect et à notre accueil. Il est notre prochain. En disant “prochain”, on pense généralement à celui qui est proche, ou qui se rapproche de nous. Mais Jésus nous enseigne les choses différemment. À cet homme qui lui demande : « Qui est mon prochain ? » Il répond : « Le prochain c’est celui dont on SE REND PROCHE. » Voici la parabole qui nous le raconte :


LUC 10, 25-37


Voici qu'un légiste se leva, et dit à Jésus pour l'éprouver:
"Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle?" Il lui dit : "Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Comment lis-tu ?" Celui-ci répondit : "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit; et ton prochain comme toi-même."
"Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela et tu vivras." Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: "Et qui est mon prochain?"


Jésus reprit : "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort. Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là ; il le vit et passa outre. Pareillement un lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier, en disant : "Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour."


Jésus dit au lévite: "Lequel de ces trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands?" Il dit: "Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui." Et Jésus lui dit: "Va, et toi aussi, fais de même. "


Comment tu te situes devant cette parabole ? Tu te vois dans quel personnage ? L’un de ceux qui passent devant la victime sans s'arrêter ? Le bon samaritain qui s’arrête pour soigner l’homme blessé ? L’aubergiste ? Mais peut-être es-tu celui qui gît au bord de la route ? Qu’est-ce que la vie a fait de toi ? Je voudrais tellement que tu sois bien en toi et avec toi, heureux, épanoui, en paix. L’homme de la parabole qui avait été roué de coups va sortir un jour de l’auberge complètement guéri, et transformé ! Sa vie aura changé parce qu’un ami a su le rencontrer au bon moment et que cet homme a su se faire son prochain. Il lui a tout donné de ce qu’il était. Il l’a rendu ainsi à la vie ; l’homme blessé portera peut-être pendant un temps les traces des coups qu’il a reçu, mais une autre trace ne pourra jamais s’effacer de sa mémoire, ni du tréfonds de son cœur : le regard de cet homme qui s’est penché sur lui, alors qu’il sentait sa vie le quitter. Le samaritain lui a insufflé à nouveau la vie en jugeant la sienne moins importante. Non seulement l’homme blessé a été guéri, mais il a trouvé une vie nouvelle grâce à l’amour que le samaritain a su lui manifester. N’est-ce pas ce regard plein d’amour que Dieu pose sur chacun d’entre nous ?


S’il t’arrive de tomber à terre, -pour diverses raisons, à cause des rejets, du mépris et des discrédits, à cause de ton incapacité à t’assumer, ou de la façon déshumanisante dont tu as pu vivre ta sexualité- tu n'as en aucun cas perdu ta grandeur et ta beauté d’Être humain et de Fils de Dieu.


Quoi qu’il arrive, souviens-toi de cette grandeur et de cette beauté qui est en toi, et dans les autres. Et n’oublies pas que toi aussi tu es capable de tendre la main à quelqu'un. C’est ta grandeur.


Texte pris sur Homologos