
Devrait-on en premier lieu différencier la spiritualité de la religion? Ma réponse est oui. Certes la religion implique la spiritualité mais il facile de constater que trop souvent la spiritualité est absente de nombreuses personnes qui militent en religion. Je ne parle pas de prière ou de louange. Je parle d’ouverture, d’accueil de l’autre de solidarité, de foi hors des murs, de justice et du respect de la diversité humaine et de ses différences.
Ma spiritualité a toujours été en lien avec le christianisme. J’ai passé une grande période de ma vie dans le catholicisme, plus de vingt-cinq année dans l’indifférence de la religion mais toujours en croyant en Dieu, et enfin, je chemine depuis quelques années dans le protestantisme.
Ce n’est certainement la religion qui m’a fait garder la foi. La majorité des croyants rencontrés dans mon cheminement auraient même pu me la faire perdre totalement. C’est bien plus la spiritualité qui m’a permis de grandir dans la vie et de passer à travers les moments difficiles comme les moments plus heureux.
L’acceptation de l’orientation sexuelle relève pour moi plus du cheminement psychologique et de la spiritualité que de la religion. On s’entend pour dire que ce ne sont pas toutes les églises qui sont inclusives et que le cheminement des personnes LGBT peut s’avérer laborieux dans une église qui ne les considère pas telles qu’elles sont. Même au sein d’églises dites inclusives, ce ne sont pas tous les chrétiens et chrétiennes qui ont un accueil favorable envers les personnes LGBT.
Je demeure aussi convaincu qu’un cheminement uniquement lié à la spiritualité est insuffisant pour assumer une orientation sexuelle qui souvent aux yeux bien des gens est plus une anomalie qu’une des différentes facettes de la diversité humaine. De plus, il est aussi dangereux que la religion ou la spiritualité soient un bouclier pour se protéger de ce que nous sommes ou pour fuir notre réalité.
C’est certain que la société est plus tolérante de nos jours mais j’entends souvent les mêmes commentaires ou les mêmes propos méprisants qu’il y a trente ans et ça me désole. Il est probable que je ressente la chose ainsi pour une raison très simple. Nous avons tous tendance à vivre dans le regard des autres. Nous voulons être aimés et respectés. Mais si je ne suis pas convaincu à la base de ma propre valeur, il est possible que je cherche constamment l’approbation des autres pour ce que je suis. Voilà l’importance de travailler l’estime de soi, avec un accompagnateur de notre choix. Il ne faut pas oublier que le processus peut être difficile. Entrer dans son mal-être n’est pas toujours confortable mais c’est souvent une démarche nécessaire pour liquider nos patterns et comprendre où nous en sommes de même pour découvrir le chemin que nous devrons emprunter pour notre mieux-être.
Il ne faut pas ignorer que les blessures du passé peuvent influencer sur notre façon de voir ou de ressentir des choses. Malheureusement, la tendance naturelle est de nier nos blessures intérieures qui tôt ou tard finissent par nous rattraper. Ce que je ne règle pas maintenant influencera ce que je vivrai plus tard, tant dans mon esprit que dans mon corps.
La démarche spirituelle dans ce cas visera à apprendre à aimer nos blessures et à avancer en réalisant que le passé peut n'avoir qu'une portée limitée sur le moment présent à la condition que j’apprenne à le regarder tel qu’il est. L’acceptation de l’orientation sexuelle ou de n’importe quelles autres situations dans nos vies passe par l’amour de soi et de toutes les dimensions de bonheur ou de souffrance qui nous habitent depuis le début de notre vie.
Quelqu’un écrivait ce texte plein de sagesse :
«Si tu ne prends pas la responsabilité d’apporter de l’amour à tes propres blessures, tu ne pourras pas sortir du cycle vicieux attaque/défense, culpabilité et blâme. Tes sentiments de rage, de blessure et de trahison, qui semblent tous justifiés, vont juste jeter de l’huile sur le feu du conflit interpersonnel et continuer à renforcer ta croyance inconsciente qu’on ne peut pas t’aimer et que tu es incapable d’aimer.
Faire le mal, c’est enseigner la culpabilité et perpétuer la croyance que la douleur et la souffrance sont nécessaire. Faire le bien, c’est enseigner l’amour et manifester son pouvoir à surmonter toute souffrance.
L’amour est la seule réponse qui démantèle la peur…
…la peur est absence d’amour».
(Paul Ferrini: l'Amour sans condition)








2 commentaires:
Je te rejoins bien dans cette conception de la spiritualité où l'on prend sa responsabilité et où l'on est acteur et non victime de victime. Savoir vivre en paix pluôt que vouloir avoir raison...
Nice pensée. Volontaires Gionata projet sur la foi et l'homosexualité ont traduit en italien et publié sur
http://www.gionata.org/credenti-omosessuali/testimonianze/la-mia-spiritualit-e-l-accettazione-della-mia-omosessualit.html
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